PlayStation VR : premières impressions

Vendredi 2 septembre 2016, j’ai eu l’occasion d’essayer le fameux casque de Réalité Virtuelle de Sony. Compatible à la fois avec la PlayStation 4 de 2013, la PS4 Slim et la PS4 Pro, ce casque coûtera 399€ à sa sortie. L’achat vaut-il la peine ? Voici quelques éléments de réponse.

Mise en place du brol

Bien accueilli, je m’installe donc sur un siège. Près de l’écran est posé le PlayStation Move que nous connaissons tous; sorti pour la PlayStation 3. Après m’avoir fait mettre un casque audio autour du cou, on me tend le fameux PlayStation VR. L’appareil semble solide, et est bien foutu. À l’arrière, une molette permet de le serrer ou desserrer autour de la tête. Pas de lanière pourrie à attacher. La distance oeil-écran est également réglable. Je ne sais pas s’il s’agit d’un souci général ou propre à l’exemplaire qui m’est prêté, voire un souci d’installation de ma part (n’ayant qu’une demi-heure pour tester l’engin, je n’ai pas chipoté longtemps pour le mettre sur la tête), mais j’avais un espace en dessous me permettant de voir la réalité réelle  et véritable. Bien que ce soit un défaut lors de l’utilisation du PlayStation VR, ce fut bien pratique ne serait-ce que pour vérifier l’heure durant ma session d’essai. De plus en appuyant légèrement sur le casque avec la main, ce petit détail est réglé et il ne fait aucun doute, pour ma part, qu’il n’y aura aucun souci à ce niveau lorsque l’engin sera en vente le 13 octobre, soit dans 9 petits jours.

La question un peu bête que de nombreuses personnes se posent est de savoir si nous avons l’air ridicule avec le casque sur la tête. Evidemment, oui, vous aurez l’air con, mais pas plus qu’avec n’importe quel autre casque de Réalité Virtuelle. Le seul moyen d’avoir la classe en portant un tel machin serait d’être dans un clip des Daft Punk ou de Michaël Jackson. Ce dernier étant décédé, cela limite quand même vos chances de vivre cette expérience qui, j’en suis sûr, aurait été incroyable.

Une mauvaise première impression…

Me voilà donc assis, PlayStation VR sur la tête, casque audio sur les oreilles et DualShock 4 en mains. Se présente devant moi le menu PS4 que nous connaissons tous.  Divers jeux sont installés et on m’a d’ores et déjà averti que Batman Arkham VR n’est installé que sur une seule machine, et que ce n’est pas la mienne. Dommage. Les machines utilisées sont des PlayStation 4 de première génération, les modèles Slim et Pro n’ayant pas encore été annoncés au moment de la séance d’essai.

Je décide donc de lancer Moto Racer 4 et là, c’est la désillusion. Le jeu est moche, aliasé, et sans exagération, j’ai déjà expérimenté quelque chose de plus beau sur un smartphone Android avec « simple » écran 1920×1080 et un Google Cardboard. On sent clairement que la compatibilité PlayStation VR du jeu n’est là que pour grapiller quelques ventes auprès des early adopters dudit appareil, et a été ajoutée à l’arrache. Si vous souhaitez une bonne expérience en réalité virtuelle, Moto Racer 4 n’est clairement pas le jeu qu’il faut, et ce n’est pas la PS4 Pro qui pourra le faire mieux tourner tant le jeu n’est pas fait pour ça.

À côté de ça, le premier truc déroutant est quelque chose qu’on retrouvera dans tous les jeux de course, et même dans d’autres jeux. Ayant le casque sur la tête, vous ne voyez pas vos mains. Vous voyez par contre le guidon de la moto, mais ce que vous tenez en main est une manette. C’est assez déroutant, tout comme le fait que la caméra ne suive pas le mouvement de la moto lorsqu’on la bouge dans tous les sens, bien que pour ceci ça soit justifié par le fait que si la caméra était réaliste, le joueur rendrait rapidement son petit déjeûner.

En résumé, Moto Racer 4 n’a pas un mauvais gameplay mais est un très mauvais jeu PlayStation VR. En revanche, je n’ai pas pu l’essayer en mode classique, sur télé, que ce soit sur PlayStation 4 ou Xbox One, et ne peut donc le juger en dehors de son rendu catastrophique sur le casque de réalité virtuelle de Sony. Le jeu est peut-être bon sur télé, mais actuellement, je n’en sais rien.

… rapidement remplacée par une bien meilleure

Je quitte donc Moto Racer 4 pour lancer DriveClub VR, et là, c’est tout autre chose. Le PlayStation VR nous plonge véritablement sur le siège conducteur du véhicule. Un coup d’oeil derrière nous permet de voir les sièges arrière. Le tout est véritablement foutu, du moins au niveau des véhicules et de la route. Pour ce qui est des bâtiments, c’est autre chose. Ils sont tous carrés, et moches, telle ma première construction dans Minecraft, et une majeure partie de la végétation laisse à désirer. DriveClub VR est plutôt à considérer comme une grosse démo technique et non comme un blockbuster et il sera d’ailleurs vendu à prix réduit. De plus, les possesseurs du Season Pass de DriveClub premier du nom pourront l’acheter pour encore moins cher, c’est à dire à moitié prix, s’ils optent pour l’achat en dématérialisé sur PlayStation Store.

Le rendu global du jeu est plutôt bon pour un jeu sur PlayStation VR. La différence avec Moto Racer 4 est telle qu’on peut avoir l’impression que les deux jeux tournent sur du matériel différent. Bien sûr, il est normal, au même titre qu’on testait la Wii avec WiiSports et WiiPlay et non avec je ne sais quelle compilation pourrie de BigBen Interactive ou autre, que le jeu first party du lancement soit bien mieux optimisé que les jeux des éditeurs tiers. Mais vraiment, la compatibilité PSVR de Moto Racer 4 est un véritable foutage de gueule et ne fait pas honneur aux capacités de l’engin. DriveClub VR, quant à lui, tient plus de la bonne grosse démo technique que du véritable jeu. Il sera vendu à 40€ et sortira en même temps que le casque, le 13 octobre 2016. À l’usage, le jeu souffre toujours du fait que nous sommes dans un véhicule, nous voyons un volant mais nous tenons une manette, ce qui est assez déstabilisant. Un volant avec pédalier comblera aisément ce petit « défaut ».

Qu’espérer de plus que cette grosse démo technique ? Il est sûr que pour un Gran Turismo en VR, avec autant de détails, on peut attendre encore plusieurs années. Cette license a des années de retard sur Forza Motorsport, et peine à proposer la vue intérieure dans tous les véhicules. Si vous êtes prêt à attendre fin 2019, et si la VR n’est pas morte d’ici là, le prix du casque aura probablement bien diminué. En attendant, il reste ce DriveClub VR qui, en dehors de ses bâtiments en carton, est vraiment pas mal.

Mon coup de coeur

S’il y a un jeu PlayStation VR qui a retenu mon attention, c’est How We Soar, et c’est assez logique. Je suis assez sensible à ces titres un peu plus poétiques et au gameplay moins mouvementé, tels que Flower, Journey, ou encore Beyond Eyes. Alors oui, le titre de Penny Black Studios n’est pas celui qui exploite le mieux le PlayStation VR, mais il demeure une expérience assez intéressante, et si le titre est jouable sur simple écran, je l’achèterai les yeux fermés, Day One.

How We Soar nous permet de chevaucher un Phenix, à l’aide duquel on doit passer à travers des anneaux. C’est très joli, et on se laisse vite emporter dans cet univers assez particulier. Le temps m’étant compté, je n’ai pas pu comprendre pourquoi, par moments, j’étais transporté dans une espèce de tunnel en papier avant de poursuivre. Est-ce parce que j’ai frôlé le décor, ou est-ce que j’ai terminé la zone en cours ? Difficile à savoir en une courte session mais j’imagine que le fait que les anneaux changent de couleur après avoir traversé ce tunnel de papier a une signification.

Divers machins

J’ai pu également tester rapidement d’autres jeux, notamment de la compilation PlayStation VR Worlds qui est au PlayStation VR ce que Wii Play était à la Wii. Notamment VR Luge dont le nom veut tout dire. Les capteurs de mouvement du casque sont mis à l’épreuve pendant que nous glissons virtuellement sur une pente parsemée d’obstacles. Le plus gros défaut du mini-jeu, hormis des graphismes assez primitifs, est le fait qu’il ne se passe absolument rien si on percute un véhicule : on passe à travers. Par contre, on aura forcément certains réflexes et j’aurais bien voulu voir de plus loin comment j’avais l’air con, en gesticulant comme si j’avais des convulsions. J’ai vaguement testé une expérience dont j’ai oublié le nom sur cette même compilation. Elle nous place dans une cage qui est plongée dans l’océan. C’était assez bien fait, mais après quelques secondes la cage descend et la lumière, virtuelle bien sûr, s’éteint. Voyant le truc arriver, comme un screamer avec un requin ou autre, j’ai rapidement quitté le jeu. J’ai pu vaguement essayer le jeu Here They Lie, aussi, avant de me rendre compte que 36 minutes s’étaient écoulées et que j’avais donc dépassé le temps qui m’était imparti de six minutes. Ce jeu angoissant est taillé pour le combo PlayStation VR + PlayStation Move.

La meilleure expérience disponible au lancement du PlayStation VR

Sans aucun doute possible : DriveClub VR sur une PS4 Pro, avec un volant avec pédales, et un bon casque audio ou, du moins, un bon son. Qu’il s’agisse d’une simple barre-son avec caisson de basses, ou d’un ensemble home cinema, mais par pitié, pas le son pourri des écrans plats. Tout ceci a évidemment un coût. Sans compter l’équipement audiovisuel que vous possédez déjà, il faut compter le PlayStation VR à 399€ et la PS4 Pro au même prix, que vous n’avez pas encore puisqu’elle sortira en novembre. Rajoutons à ça le prix du jeu (39€) et éventuellement celui de la PlayStation Camera – obligatoire pour utiliser PlayStation VR – et du volant, à moins que vous ne soyiez déjà équipés de ces deux éléments. Est-ce que l’investissement vaut la peine, pour jouer à une grosse démo technique, certes très prometteuse en ce qui concerne les possibilités de l’appareil, mais qui ne garanti nullement que ce dernier sera pleinement exploité un jour ?

Doit-on l’acheter à sa sortie ?

En l’état, j’aurais tendance à dire non. L’appareil est bien foutu, est efficace, et, en comparaison avec la concurrence, est à un prix accessible. Néanmoins, l’investissement de 399€ ne vaut pas la peine pour la ludothèque disponible au départ. Nous pourrions penser la même chose pour chaque lancement de console mais, justement, ici, il ne s’agit pas d’une console. Au même titre que Kinect ou PlayStation Move, PlayStation VR n’est qu’un accessoire et tous les jeux PlayStation 4 ne l’exploiteront pas forcément. C’est une situation différente de celle de la Wii dont la Wiimote fut la manette de base, utilisée par jusqu’à quatre joueurs sur une même console et utilisable sur presque tous les jeux. En principe, tous les jeux devraient être compatibles, en simulant simplement un écran comme c’est le cas pour Bound, jeu qui d’ailleurs était disponible sur les PS4 de démo pour le PSVR, mais ce type d’utilisation ne justifie pas l’achat de l’appareil.

Alors, que faire ? Attendre ? Oui, mais attendre quoi ? Attendre que le prix de l’appareil soit plus justifié, que ce soit par une diminution de celui-ci ou une augmentation du nombre de jeux intéressants exploitant la bête. Le problème est que si le plus grand nombre pensait comme moi, les développeurs abandonneraient plus vite l’engin faute d’acheteurs potentiels pour leurs jeux et, au final nous attendrions indéfiniment et n’achèterions jamais le PlayStation VR. L’appareil peut dans tous les cas compter sur le public japonais pour peu que l’appareil continue à proposer des titres Hatsune Miku, du WTF et des expériences de sexe virtuel, qu’il s’agisse de jeux corrects ou de simulateurs de tripotage d’adolescentes sans leur consentement comme l’expérience VR proposée sur Dead or Alive Xtreme 3.

Pour finir, nous ne savons pas si, comme la 3D en son temps, la Réalité Virtuelle sera juste un effet de mode, une technologie de passage, ou si elle perdurera dans ce temps. Du coup, investir dans le casque à 399€ est un vrai risque, alors qu’investir, par exemple, dans un PlayStation Move à 39€ n’en était pas vraiment un au temps de la PlayStation 3 dans la mesure où le montant investi, hors caméra PlayStation Eye, n’était pas élevé. Si vous êtes riche, foncez. Vous n’en aurez pas pour votre argent mais qu’importe, vous en avez énormément et vous pourrez profiter d’expériences en avant-première, comme Batman : Arkham VR qui ne sortira pas sur d’autres supports avant fin 2017, ainsi qu’à des jeux exclusifs comme DriveClub VR et d’autres. Posséder chaque support, c’est aussi pouvoir ne manquer aucun jeu de qualité.

PlayStation VR sera disponible dès le 13 octobre 2016 au prix de 399€ et est compatible avec toutes les consoles PlayStation 4.

– BONUS –
Hard Corner : La Réalité Virtuelle