Êtes-vous un gamer ou un fanboy ?

Sur la toile, nombreux sont ceux qui se prétendent gamers, mais au fond, très peu le sont réellement. Voici mon explication.

Division no more


Gamer : définition

Un gamer est un véritable passionné de jeux-vidéo qui, bien qu’il possède probablement un genre de prédilection (jeux de rôle, baston, shoot them up,…) et qu’il ne puisse apprécier l’intégralité des styles de jeu, a des goûts en général assez variés. Le gamer aime les bons jeux, qu’importe le support, et ne doit pas s’auto-persuader que tel jeu est mauvais uniquement parce qu’il ne sort pas sur la marque de console à laquelle il a décidé de prêter serment. Il y a des bons jeux sur absolument tous les supports et, n’en déplaise à certains, ça s’applique également aux smartphones et tablettes. Si vous n’êtes pas d’accord avec ceci, vous êtes loin d’être un gamer.

Des attitudes infantiles

L’excuse typique du fanboy primaire est « Je n’ai pas les moyens d’acheter deux ou plusieurs consoles ». Ceci nous amène au second point que je souhaite aborder. Il n’y a pas besoin de posséder une console pour en reconnaître les qualités. Par contre, critiquer une console sans jamais l’avoir touchée fait de vous un hater. De nombreux joueurs PlayStation ont été, à raison, en colère lorsque Rise of the Tomb Raider a été annoncé en exclusivité Xbox. Cette exclusivité temporaire est certes dégueulasse, mais l’exclusivité ferme et définitive sur Street Fighter V sur PS4 l’est au moins tout autant. Si vous trouvez qu’une de ces exclusivités est honteuse et pas l’autre, vous êtes un fanboy.

De même, les trois constructeurs, qu’il s’agisse de Sony, Microsoft ou Nintendo, ont des qualités, mais également des défauts. Si vous refuser d’admettre ceci, et si pour vous l’un d’eux devrait échapper aux critiques négatives mais pas les autres, vous êtes un fanboy. Je constate par moi-même, malheureusement, l’attitude de certaines personnes sur Twitter qui ne retweetent que mes tweets « positifs » sur un constructeur, et les tweets « négatifs » sur les autres. Je trouve cela particulièrement désolant. Aussi, n’en déplaise à certains, les trois constructeurs paient des exclusivités, définitives ou non. Si vous refusez de l’admettre, vous avez un très gros souci…

Pour finir, on utilise « Micro$oft » pour opposer Windows à Linux, ou Office à LibreOffice, bref, le logiciel commercial au logiciel libre. Sony et Nintendo n’étant pas des ASBL, écrire Microsoft avec le sigle du dollar est une attitude de hater primaire, et par déduction de fanboy PlayStation et/ou Nintendo. C’est également une attitude de moine copiste, l’acte de quelqu’un qui a vu cette « orthographe » quelque part et recopie simplement sans en comprendre le sens réel.

Les salons

Il est évident que lorsqu’il y a un salon, chaque joueur a des attentes différentes. Si vous vous rendez à la Gamescom alors que vous ne possédez qu’une seule console, il est évident que c’est le stand du constructeur de celle-ci que vous rechercherez en priorité et ceci ne fait pas de vous un fanboy. Les files d’attentes sont souvent extrêmement longues et faire quatre heures de queue pour essayer un jeu que vous ne pourrez de toute façon pas acheter puisque vous ne possédez pas  la « bonne » console pourrait être ressenti comme une double torture. D’un autre côté, tester une exclusivité d’une autre console pourrait vous donner envie de vous la procurer, pour ce titre et pour d’autres jeux déjà sortis ou à venir. Si par contre, vous passez devant le stand d’un jeu qui pourrait vous intéresser (si c’est votre style de jeu de prédilection, par exemple), qui ne sort pas sur une console que vous possédez, pour lequel il n’y a pratiquement pas de file (moins de 15 minutes d’attente) et si, alors que vous avez largement le temps, vous ne vous y arrêtez pas, vous êtes stupide.

E3

Concernant les conférences, il est clair que tout le monde ne peut les suivre toute, en raison de son emploi du temps. Certaines personnes n’ont même pas la possibilité d’en regarder une seule en direct, ce qui est dommage. Pour ma part, je tenais à voir les conférences E3 2015 de Bethesda et de Sony en direct mais je n’aurais pas pu, j’ai donc dû les regarder en différé sur YouTube. J’ai raté trois conférences, en tout, en comptant le PC Gaming Show que je comptais de toute façon voir en différé. Le tout est de s’intéresser au jeu vidéo dans son ensemble. Si ce n’est pas le cas et si vous faites comme si ce qui ne sort pas sur votre support fétiche – qu’il s’agisse de PlayStation, Xbox, Nintendo, ou même le PC – n’existe pas, vous n’êtes pas du tout un gamer. Je constate régulièrement, parmis mes contacts Facebook, des gens qui postent les trailers des meilleurs jeux présentés… sur une plate-forme, en occultant volontairement ce qui ne sort pas sur leur machine favorite. Ces personnes sont clairement des fanboys, des gens n’ayant rien compris aux jeux-vidéo et ne sont en aucun cas des passionnés.

Le fanboyisme pro-éditeur, pro-développeur ou pro-studio

Au delà du fanboyisme pro-constructeur existe le fanboyisme pro-éditeur ou pro-studio. Pour le premier cas, les deux exemples les plus flagrants sont Square Enix et Blizzard, tous les deux adulés par le public. Ce fanboyisme moins « grave » consiste à croire que si un jeu a été conçu par tel studio ou tel réalisateur, ou s’il est édité par tel éditeur, il sera forcément bon. Cette attitude laisse très peu de chance aux concurrents qui propose un jeu du même style que celui du studio, du développeur ou de l’éditeur auquel le grand public voue un culte. C’est ainsi notamment que l’excellent jeu Lost Odyssey a reçu de nombreuses notes plus basses que le très moyen Final Fantasy XIII, simplement parce qu’il n’était inscrit ni « Final Fantasy » ni « Square Enix » sur la boîte. De même, les joueurs n’ont pas vraiment donné sa chance au jeu de cartes Scrolls, ayant dès le départ opté pour le jeu Hearthstone, estampillé Blizzard, ou encore Magic. Je ne serais d’ailleurs pas surpris que Gigantic fasse un flop, face au Heroes of the Storm de Blizzard, ou le très populaire League of Legends.

Il est certain que si le désormais indépendant Hideo Kojima lançait un Kickstarter pour un nouveau jeu, il exploserait tous les records. De nombreux gamers, moi compris, investiraient dans ce projet, or personne n’est à l’abri d’un échec, pas même Kojima-san. Le tout est de pouvoir relativiser et se dire qu’un jeu réalisé par telle personne ou telle équipe ne garantit pas un produit de qualité. Un studio ayant fait un mauvais jeu peut en faire un bon par la suite, et ça fonctionne également dans l’autre sens.

Si Double Helix Games a réalisé le très mauvais Silent Hill : Homecoming, ce même studio a par la suite pondu l’excellent Strider, et même le dernier Killer Instinct sorti en 2013 sur Xbox One bien que le studio Iron Galaxy ait pris le relai suite au rachat de Double Helix Games par Amazon. À l’inverse, je suis de très près les annonces concernant Horizon : Zero Dawn alors que Guerilla Games n’a jamais rien fait qui m’intéressait auparavant. J’ai toujours considéré KillZone comme un Halo du pauvre, le produit blanc de chez Aldi, mais Horizon : Zero Dawn a sa propre identité et est sans conteste un des jeux les plus prometteurs de cet E3 2015.

Si je vous parle d’un jeu à venir, et que je vous dis que je préfèrerais attendre la version Super Plus Extra Edition, vous penserez immédiatement à Capcom. Vous oubliez bien souvent que Koei Tecmo a sorti autant de versions de Dead or Alive 5 en moins de trois ans que Capcom n’a sorti de Street Fighter IV en six ans. Je ne suis pas un grand défenseur de Capcom, loin de là, mais je remet les pendules à l’heure, comme je le ferais avec quelqu’un qui crache sans cesse sur Electronic Arts alors qu’il donne son cul chaque année à Activision, un des pires, si pas le pire éditeur, en achetant son Call of Duty annuel. Certains éditeurs et constructeurs se font une bonne ou une mauvaise réputation basée sur des faits et je n’ai rien contre ça. Ce qui me dérange, c’est quand d’autres font pareil mais n’ont pas la même étiquette aux yeux des joueurs. À actes identiques, deux marques devraient subir le même traitement.

Et moi, alors ?

Il n’est pas rare qu’on me qualifie de fanboy. Ce qui est drôle, c’est qu’en fonction du jour, de l’heure, de l’interlocuteur, et de la position des astres, je suis fanboy d’une marque différente. J’affiche clairement que je prend les jeux multisupports sur Xbox One, pour deux raisons : la qualité de la manette, et du service en ligne. Pour le reste, je joue sur tous les supports et j’ai possédé toutes les consoles actuelles et de la génération précédente. Je ne possède pas de New 3DS car elle présente très peu d’intérêt par rapport à la 3DS XL que je possède, et j’ai revendu ma PSVita (ça fera l’objet d’un article, d’ailleurs). Je profite globalement des jeux-vidéo sans me soucier du support sur lequel il se trouve. Sur Twitter, je trolle absolument tous les constructeurs sans aucune distinction, et ce à chaque fois que je l’estime nécessaire.

Vous remarquerez, si vous me suivez sur Twitter, que je défend assez souvent la Xbox One. L’explication est toute simple : je ne peux défendre que quelque chose qui est attaqué, et comme c’est le produit le plus critiqué, notamment en raison de la masse de fanboys PlayStation plus importante que celle des autres constructeurs, c’est celui que je défend. Lorsque quelqu’un débite des conneries concernant une autre console, j’agis exactement de la même manière. Certains diront même que puisque je trolle moins souvent Nintendo que les deux autres, je suis pro-Nintendo. Ce constructeur étant – sauf erreur de ma part – le moins actif sur Twitter, j’ai de ce fait moins de tweets auxquels répondre…

D’une manière générale, je peux affirmer que si vous avez l’impression que je suis un fanboy d’une marque, c’est que vous êtes vous-même un fanboy, mais d’une autre marque. Je trolle aussi bien la langue de bois de Microsoft concernant l’exclusivité sur Rise of the Tomb Raider que le design de Ken dans Street Fighter V, l’avenir de jeuxvideo.com, les Amiibo, le nom de la compilation Uncharted, le fanboyisme des uns et des autresles filles qui se servent de leurs visages d’anges – et de leurs mignons petits chats – pour obtenir des viewers et cadeaux, le « boycott » de la Xbox One par les éditeurs de J-RPG, la multiplication des versions des Dynasty Warriors moddés ou non, la désertification des consoles par les éditeurs au profit des smartphones et tablette, les cosplayeuses Japonaises, bref, absolument tout ce qui est trollable, sans vraiment me mettre de limite si ce n’est celle de la bienséance, et encore…